Adaptation des plantes en période estivale. Comment survivre?
Sécheresse et chaleur sont les deux facteurs caractéristiques du climat méditerranéen en été. Soumises à de nouvelles conditions environnementales, les plantes doivent s'adapter et résister à la sécheresse devient une condition impérative pour survivre.
Perdre le moins d'eau possible, se protéger contre la chaleur solaire, faire des réserves, réduire sa consommation, autant de pistes prises par les plantes pour s'adapter avec le maximum d'efficacité à leur nouvelles conditions de vie.
Deux types de stratégies sont mises en place par les plantes:
M2: Les coussinets épineux (= les socarells en catalan)
Exemples types de l'adaption aux milieux secs et arides. Leur forme arrondie en petit buisson assure le maintien d'une température plus fraîche en leur centre, créant ainsi un véritable microclimat intérieur. Leur épines, autre témoin d'adaptation à la sécheresse mais aussi véritable rempart aux herbivores prédateurs sont de 2 types: soit elles proviennent du rachis endurçi des feuilles après leur chute comme chez Astragalus balearica, soit elles correspondent aux formations latérales terminées en pointe des rameaux comme chez Launaea cervicornis et Femeniasia balearica.
M2 Les plantes à bulbes
Repérées par un cercle dans le jardin, elles ne sont pas visibles l'été, leurs feuilles ayant disparu en totalité. Elles survivent sous forme de bulbe, tubercule ou rhizome, enfouies en terre après avoir stocké des réserves nutritives. Selon l'espèce, c'est à l'automme ou au printemps suivant que vont apparaître les premières feuilles et fleurs.
M3: Erica multiflora
Bruyère à fleurs roses aux étamines saillantes des terrrains carbonatés. Ses petites feuilles quasi cylindriques, groupées par 3, sont un bel exemple de réduction de surface foliaire.
M4: Quercus ilex
Arbre méditerranéen par excellence aux feuilles parfaitement adaptées au climat: dures, coriaces, vertes sur le dessus et blanches en dessous, car recouvertes d'une couche pileuse dont le but est de garder la moindre rosée, assurant ainsi un microclimat plus humide autour des stomates.
M5: Cistus albidus
Le ciste blanc (mais à fleurs roses!) est un pyrophyte (de pyros = feu et philos = ami); certes très inflammable mais repoussant plus vite après le passage des incendies qui activent la germination de ses graines, et lui permettent ainsi de gagner beaucoup de terrain sur ses concurrents. Au printemps lorsque la plante a de l'eau, ses racines poussent vite, s'étalant en surface et profitant au maximum du peu d'eau de pluie tombée avant qu'elle ne s'évapore. Durant l'été, ses feuilles à pilosité blanche et cotonneuse se froissent réduisant ainsi leur surface et limitant la perte d'eau cellulaire jusqu'à ce que l'eau soit de retour.
"L'estepa joana", arbuste endémique, emblématique des Baléares est relativement fréquent dans la Serra de Tramuntana. Feuilles vertes toute l'année, floraison jaune au printemps et à l'automne. Il possède des glandes translucides visibles à l'oeil nu à contre-jour qui sécrétent des substances huileuses formant comme une pellicule imperméable qui va aider au maintien de la pression osmotique du milieu intra-cellulaire et donc limiter l'évaporation estivale.
M5: Santolina chamaecyparissus
Appelée "camomille de montagne ou de Mahon", c'est une méditerranéenne type parfaitement adaptée à la sécheresse par sa couleur argentée et les composés volatils qu'elle fabrique (cf. plus haut)
M7: Kleinia neriifolia
Endémisme des Canaries, c'est un arbuste aux tiges succulentes, feuilles lancéolées et charnues, fleurs en pseudo-capitules de couleur jaune pâle qui l'ont fait ranger par certains auteurs dans le genre Seneçio. Très résistant à l'aridité, il perd ses feuilles l'été pour éviter une transpiration excessive, prenant l'aspect d'un arbuste aux branches nues pouvant atteindre 2 mètres de haut.
M8 et M9: flore d'autres îles méditerranéennes
Les plantes ici présentes ayant adopté les mêmes éléments protecteurs contre la sécheresse que celles des Baléares, sont très proches de ces dernières. Aussi trouvons-nous des coussinets épineux comme Astragalus tragacantha, des plantes duveteuses et argentées comme Phlomis fruticosa, des aromatiques comme Santolina corsica, camomille endémique de Corse et Sardaigne.
M11: Capparis spinosa
Le caprier épineux est un sous-arbrisseau à souche ligneuse plus ou moins rampant ou grimptant, facile à reconnaitre à ses belles fleurs à 4 grands pétales blancs violacés et nombreuses étamines longues et saillantes. Spontané ou naturalisé sur les vieux murs, terrains rocailleux et certaines falaises, il est largement cultivé pour ses câpres qui sont les boutons floraux récoltés encore verts et mis ensuite dans le vinaigre, utilisés comme condiments avec le poisson et la volaille. Synergiste de la vitamine C, ses boutons floraux et ses racines sont diurétiques, désinfectants rénaux et toniques.
M12 et M13: légumes et arbres fruitiers
C'est en été que ces 2 secteurs sont le plus riche en légumes de saison et nombreuses variétés arbustives avec leurs fruits. Abricotiers et poiriers sont les premiers à mûrir, suivis un peu plus tard par les pruniers et en fin d´été par les pommiers et la vigne.
Pour conclure notre promenade d'été, retenez que les plantes méditerranéennes confrontées à un milieu hostile, doivent, pour mieux passer cette période, ralentir leur activité, réduire leur perte d'eau et attendre les pluies bienfaitrices de l'automme, véritable deuxième printemps pour elles.
Rendez-vous donc à la saison d'automne lorsque les plantes se réveilleront de cette longue saison chaude décorant à nouveau le jardin de leurs premières fleurs et premières pousses de jeunes feuilles.